Code du permis bateau : le QCM, le programme et comment le réussir

16 juillet 2026 Par Claire Kervella

À jour au 16 juillet 2026. Format de l'examen théorique du permis plaisance option côtière, opérateurs agréés, programme et méthode de révision. La réglementation évolue : vérifiez les modalités auprès de votre bateau-école ou de l'opérateur au moment de vous inscrire.

Trente-quatre bonnes réponses sur quarante : ça ressemble à une réussite, et c'est un échec. Le code du permis plaisance tolère cinq erreurs, pas six. C'est exactement le genre de détail qui sépare ceux qui repartent avec leur attestation de ceux qui reviennent quinze jours plus tard.

L'autre piège est plus sournois : depuis juin 2022, l'examen a changé de format et d'organisateurs. Une bonne partie de ce qui circule encore sur les forums décrit l'ancien système. Je forme des débutants au permis plaisance depuis plusieurs saisons, et la confusion sur le nombre de questions revient à chaque session. Ce guide fait le point sur ce que contient réellement le QCM en 2026.

En bref

  • 40 questions, 5 erreurs tolérées (soit 35/40 minimum). Le format est passé de 30 à 40 questions le 1er juin 2022.
  • QCM sur tablette, environ 30 minutes, surveillé par l'un des quatre opérateurs agréés (La Poste, Dekra, Bureau Veritas, SGS).
  • Formation théorique de 5 heures minimum en présence d'un formateur, obligatoire pour une première option de base.
  • Le succès au théorique est valable 18 mois : passé ce délai sans épreuve pratique, il faut le repasser.
  • 16 ans minimum pour s'inscrire.

Le QCM en 2026 : le format et le seuil de réussite

C'est le point sur lequel il faut être net, parce que c'est celui où l'information périmée fait le plus de dégâts. Le texte de référence ne laisse aucune place au doute. L'arrêté du 28 septembre 2007, dans sa version en vigueur, dispose : « L'épreuve théorique comporte quarante questions ; cinq erreurs sont admises. » La barre est donc à 35 bonnes réponses sur 40, soit 87,5 %. Le ministère date le changement : « Le code passe également de 30 à 40 questions avec une tolérance de 5 erreurs ».

Cette exigence surprend souvent les candidats qui arrivent avec le réflexe du code de la route. Ici, il n'y a pas de marge de manœuvre : cinq erreurs passent, la sixième élimine. Sur un QCM où plusieurs questions portent sur du balisage ou des feux qu'on reconnaît ou qu'on ne reconnaît pas, ça ne pardonne pas l'à-peu-près.

L'épreuve se déroule sur tablette, en salle, et dure une trentaine de minutes (auxquelles s'ajoutent la vérification d'identité et les consignes). Les questions défilent une à une, avec une image ou un schéma pour une bonne partie d'entre elles.

Qui organise l'examen depuis 2022

C'est l'autre changement de fond, et il est mal connu. Depuis le 1er juin 2022, ce ne sont plus les services de l'État qui font passer le théorique : « quatre opérateurs organisent et surveillent l'examen théorique du permis plaisance ». Ces quatre opérateurs privés agréés sont La Poste, Dekra, Bureau Veritas (sous la marque Code'nGo) et SGS.

Concrètement, ça change deux choses pour vous. D'abord les sessions sont plus fréquentes et mieux réparties qu'à l'époque des sessions administratives. Ensuite, l'inscription : votre bateau-école peut la faire pour vous, mais vous pouvez aussi réserver directement auprès de l'un des quatre opérateurs. Les disponibilités variant d'une ville et d'un opérateur à l'autre, comparez les quatre calendriers : un centre à quelques kilomètres propose parfois une date bien plus proche.

Le choix de l'opérateur n'a pas d'incidence sur le contenu : le QCM et le barème sont les mêmes partout. Si vous comparez les bateaux-écoles de Bretagne, ce n'est donc pas un critère de sélection pertinent.

Le programme : ce qui tombe vraiment

Le QCM couvre l'ensemble du programme de l'option côtière. Dans les grandes lignes :

  • Le balisage : système IALA région A, marques latérales et cardinales, marques de danger isolé, d'eaux saines et spéciales, de jour comme de nuit.
  • Les règles de barre et de route (RIPAM) : qui manœuvre, qui maintient son cap, croisements, dépassements, priorités.
  • Les feux et marques des navires : identifier ce qu'on croise la nuit, et sa route.
  • Les signaux sonores et visuels, y compris les signaux de détresse.
  • La sécurité : matériel d'armement selon la catégorie de navigation, conduite à tenir en cas de problème.
  • La météo et les marées : lecture d'un bulletin, échelle de Beaufort, notions de marée.
  • La réglementation : limites de navigation, documents du bord, vitesse dans la bande littorale.
  • La VHF : usage, canaux, procédure de détresse.
  • La protection de l'environnement : rejets, zones sensibles, mouillage.

À mon sens, deux blocs concentrent l'essentiel des échecs : le balisage de nuit et les règles de barre. Le reste se retient en lisant ; ces deux-là demandent de la répétition jusqu'à ce que la reconnaissance devienne réflexe. Ce sont aussi, et ce n'est pas un hasard, les deux sujets qui servent réellement une fois à bord.

Comment réviser sans y passer l'été

La formation théorique de 5 heures minimum, en salle et en présence d'un formateur, est obligatoire pour une première option de base : ce n'est pas une option qu'on peut zapper en révisant seul dans son coin. Elle constitue le socle, mais elle ne suffit généralement pas à elle seule.

Ce qui fonctionne, dans l'ordre :

  1. Faire des séries de QCM blancs, en conditions réelles (40 questions d'affilée, sans pause). C'est le seul moyen de savoir où vous en êtes vraiment par rapport à la barre des 35.
  2. Traiter vos erreurs une par une. Une erreur non comprise reviendra. Une erreur comprise ne revient presque jamais.
  3. Bachoter le balisage à part, en visuel, par petites sessions répétées plutôt qu'en une longue séance.
  4. Ne pas apprendre par cœur les réponses d'une série précise : les questions tournent, et le jour J la formulation change.

Comptez plutôt quelques semaines de révision légère qu'un week-end de bourrage. Le code n'est pas difficile, il est précis, et la précision se construit par répétition.

Testez-vous : 10 questions de balisage

Questions d'entraînement rédigées par Cap Nautique. Chaque réponse est vérifiée sur l'arrêté du 30 novembre 2017, qui définit le système de balisage maritime (IALA région A). Ce ne sont pas les questions de l'examen : la banque officielle n'est pas publique.

Validité, échec, ce qui se passe ensuite

Une fois le théorique décroché, vous conservez le bénéfice de cette réussite pendant 18 mois : « le candidat conserve le bénéfice de la réussite à l'épreuve théorique pendant dix-huit mois », dit l'arrêté. Dans ce délai, il faut valider l'épreuve pratique (3 h 30 de formation minimum, dont 2 heures à la barre) pour obtenir le titre. Au-delà, le théorique tombe et se repasse.

En cas d'échec, l'examen se represente : vous pouvez réserver une nouvelle session dès qu'une place se libère chez un opérateur, chaque tentative étant payante. La réglementation ne fixe pas de nombre maximal de tentatives.

Un mot sur le budget : le code n'est qu'une ligne d'un coût total qui comprend la formation, les timbres fiscaux et la pratique. Le détail est dans notre guide du coût du permis bateau. Et si vous comptiez sur le CPF : le permis plaisance de loisir n'y est pas éligible, et ne l'a jamais été, quoi qu'en laissent entendre certaines écoles.

Et si vous ne visez pas le côtier ?

Deux nuances utiles avant de vous inscrire.

D'abord, le hauturier ne repose pas sur ce QCM de 40 questions, mais il serait faux de dire qu'il n'en comporte aucun. Son épreuve théorique dure 1 h 30 et se joue surtout sur une épreuve sur carte (notée sur 12) et un calcul de marée (sur 4) ; s'y ajoutent cinq questions à choix multiples portant sur les aides électroniques à la navigation, la météorologie et le matériel de sécurité. Si vous hésitez entre les deux options, notre comparatif côtier ou hauturier fait le tri.

Ensuite, tout le monde n'a pas besoin d'un permis. À la voile, aucun titre n'est exigé en France, et au moteur, la limite est de 6 CV (4,5 kW) : en dessous, pas de permis. C'est le sujet de notre guide bateau sans permis. Passer le code pour naviguer en Bretagne sud reste malgré tout un investissement raisonnable : les règles de barre et le balisage ne s'improvisent pas dans le Golfe un jour de fort courant.

Questions fréquentes

Combien de questions au code du permis bateau ?

Quarante questions, avec une tolérance de cinq erreurs : il faut donc au minimum 35 bonnes réponses. Le format est passé de 30 à 40 questions le 1er juin 2022, une information que beaucoup de pages n'ont pas mise à jour.

Qui fait passer l'examen théorique du permis plaisance ?

Depuis le 1er juin 2022, quatre opérateurs privés agréés organisent et surveillent l'épreuve : La Poste, Dekra, Bureau Veritas (Code'nGo) et SGS. Le contenu et le barème sont identiques quel que soit l'opérateur.

Combien de temps le code du permis bateau est-il valable ?

Le bénéfice de la réussite au théorique est conservé 18 mois. Il faut valider l'épreuve pratique dans ce délai, sinon le théorique doit être repassé.

Peut-on réviser le code du permis bateau seul ?

On peut s'entraîner seul sur des QCM, mais pas se dispenser de la formation : pour une première option de base, une formation théorique de 5 heures minimum en présence d'un formateur est obligatoire dans un établissement agréé.

Que se passe-t-il en cas d'échec au code ?

L'examen se repasse : vous réservez une nouvelle session dès qu'une place se libère chez l'un des quatre opérateurs, et chaque tentative est payante. La réglementation ne fixe pas de nombre maximal de tentatives.

Quel âge faut-il pour passer le code du permis bateau ?

Il faut avoir 16 ans au minimum pour s'inscrire à l'examen de l'option côtière.


Article rédigé par Claire Kervella, formatrice voile en Bretagne sud, spécialiste de la pédagogie débutant. Publié en juillet 2026. Sources officielles consultées : ministère de la Mer — évolution de l'examen théorique et le permis plaisance. Pour la vue d'ensemble, voir notre guide complet du permis bateau.

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