Pêche à pied en Bretagne : spots, techniques et réglementation

8 février 2026 2 min de lecture Par Cap Nautique Bretagne

La pêche à pied, un art de vivre breton

Quand la mer se retire aux grandes marées, les Bretons chaussent leurs bottes et partent gratter le sable. La pêche à pied est bien plus qu’un loisir : c’est une tradition séculaire, un moment de partage en famille, et le plaisir simple de ramener sa récolte pour le repas du soir.

Les espèces à récolter

Les coques se trouvent dans le sable meuble des baies abritées. On les repère aux petits trous jumelés qu’elles laissent en surface. Une griffe à coques et un seau suffisent. Taille minimale : 3 cm.

Les palourdes (grises et japonaises) se cachent à 10-15 cm sous le sable, souvent près des zones de zostères. Le couteau à palourdes est indispensable. Taille minimale : 4 cm pour la grise, 3,5 cm pour la japonaise.

Les praires, plus profondes (20-30 cm), demandent plus d’effort. Elles vivent dans le sable grossier mêlé de gravier. Leur goût iodé intense en fait un mets recherché. Taille minimale : 4,3 cm.

Les bigorneaux se ramassent à la main sur les rochers à marée basse. Pas de taille minimale, mais un quota raisonnable s’impose. Les huîtres plates (Ostrea edulis), sauvages, se détachent des rochers au couteau. Taille minimale : 6 cm.

L’équipement du pêcheur à pied

L’investissement est minime : bottes ou cuissardes (30-50 €), seau ou panier (5-10 €), griffe à coques (8-15 €), couteau à palourdes (10-20 €), un bon couteau pour les huîtres. Un haveneau (petite épuisette) pour les crevettes complète l’équipement. Total : moins de 100 euros pour s’équiper correctement.

N’oubliez pas un calibreur (réglette avec les tailles minimales) pour vérifier vos prises sur place. Et un téléphone chargé pour surveiller l’heure de la marée montante — chaque année, des pêcheurs imprudents se font piéger par la marée.

Les meilleurs coefficients

La pêche à pied se pratique idéalement aux marées de coefficient supérieur à 90, quand la mer se retire suffisamment pour découvrir les zones habituellement immergées. Les coefficients de 100 à 120 (grandes marées d’équinoxe) offrent les meilleures conditions.

Consultez les horaires de marée sur le site du SHOM ou dans l’annuaire des marées. Arrivez sur le spot 2 heures avant la basse mer pour profiter du temps maximum de découverte.

Spots du Morbihan

La ria d’Étel est le spot le plus réputé du département. Palourdes, coques, praires s’y trouvent en abondance. Accès par Saint-Cado ou Étel.

Le Golfe du Morbihan — presqu’île de Rhuys (Saint-Gildas, Suscinio), île d’Arz, pointe d’Arradon — offre des estrans riches et variés. Attention aux courants dans les passes.

La baie de Quiberon, côté intérieur, est idéale pour les familles : plages de sable accessibles, eaux calmes, coques et palourdes abondantes.

Réglementation à connaître

La pêche à pied est gratuite et sans permis, mais réglementée. Quotas par personne : généralement 5 kg de coquillages par jour (tout compris). Interdiction de vendre ses prises. Zones sanitaires interdites (affichées sur place). Périodes de fermeture pour certaines espèces (moules notamment).

Renseignez-vous toujours auprès de la mairie ou de l’AAMP (Agence des Aires Marines Protégées) avant de partir, surtout en période estivale où les interdictions temporaires sont fréquentes.