Résultats SailGP New York 2026 : l'Australie signe la passe de trois, France 4e

1 juin 2026 Par Toma Kerneis

⛵ En bref

L'Australie de Tom Slingsby (Bonds Flying Roos) remporte le Mubadala New York Sail Grand Prix le 31 mai 2026, sa 3e victoire d'étape consécutive (après Rio et Bermudes) et la 4e en 6 Grands Prix. Elle bat Emirates GBR (Dylan Fletcher) dans une finale décidée dans les derniers mètres, NorthStar Canada (Giles Scott) complète le podium. L'équipe France de Quentin Delapierre signe une 4e place, marquée par les débuts en SailGP du jeune régleur d'aile Enzo Balanger (Akademy française), en remplacement de Glenn Ashby, victime d'une double fracture tibia-péroné aux Bermudes. Particularité du week-end : les courses du samedi ont été annulées (vent trop fort sur l'Hudson) et tout s'est joué le dimanche. Au championnat, Slingsby creuse l'écart (55 pts, +11 sur GBR) ; la France est 5e avec 32 points.

Voici les résultats du SailGP New York 2026, 6e des 13 Grands Prix de la saison, disputé sur l'Hudson River face à la skyline de Manhattan. Un week-end tronqué par la météo, une journée de dimanche complètement folle (avarie, collision, disqualification) et une équipe australienne qui confirme sa domination malgré un départ catastrophique. Avec ce succès, Tom Slingsby remporte sa 3e étape consécutive après Rio et Bermudes, première triple série de la saison 2026.

Podium SailGP New York 2026

PositionÉquipeSkipperNote
🥇 1er🇦🇺 Bonds Flying RoosTom SlingsbyPasse de trois, victoire en finale aux derniers mètres
🥈 2e🇬🇧 Emirates GBRDylan FletcherVainqueur de la 1re course du jour, battu en finale
🥉 3e🇨🇦 NorthStarGiles ScottPodium inespéré, profite de la disqualification américaine de la course 3 (DSQ de la manche, pas de l'événement)
4e🇫🇷 DS Automobiles SailGP Team FranceQuentin DelapierreAu pied du podium, débuts d'Enzo Balanger

Pour l'Australie, c'est la passe de trois (Rio, Bermudes, New York) et un 4e succès sur les 6 étapes courues en 2026. Une victoire d'autant plus remarquable qu'elle a été construite dans l'adversité, comme on va le voir.

Rappel du format SailGP

  • Les fleet races cumulent les points sur le week-end (placement par course = score cumulé).
  • Les 3 meilleures équipes au cumul disputent une finale en course unique (winner-takes-all) qui détermine le vainqueur de l'étape.
  • Une équipe peut donc dominer les fleet races mais perdre l'étape en finale, ou se qualifier de justesse puis tout rafler.
  • DNS / DSQ : une équipe peut être non-partante (Did Not Start) ou disqualifiée (collision, départ anticipé non purgé), ce qui lui donne 0 point sur la course concernée. C'est exactement ce qui a coûté la finale aux États-Unis à New York.

Jour 1 (samedi 30 mai) : une flotte réduite, puis tout effacé

Le format new-yorkais a été bouleversé dès le départ. Un vent trop fort a empêché le grutage de la majorité des F50 : seuls quatre bateaux ont pu être mis à l'eau (Emirates GBR, États-Unis, Los Gallos et l'Australie), et les Bonds Flying Roos n'ont finalement pas pu courir après un choc à la mise à l'eau, réduisant la flotte à trois concurrents effectifs.

Course1er2e3e
R1🇬🇧 Emirates GBR (Fletcher)🇪🇸 Los Gallos🇺🇸 USA
R2🇪🇸 Los Gallos (Botín)🇬🇧 Emirates GBR🇺🇸 USA
R3🇪🇸 Los Gallos (Botín)🇬🇧 Emirates GBR🇺🇸 USA

Diego Botín signe donc deux victoires de manche (R2 et R3) et termine en tête de la journée devant Emirates GBR et les États-Unis. Mais la direction de course a jugé inéquitable de reporter au classement général un résultat obtenu à flotte réduite : tous les points du samedi ont été rayés et l'épreuve entièrement recomptée à partir du dimanche. Les performances de Botín ne comptent donc pas, ce qui explique en partie le week-end frustrant de l'Espagne.

Jour 2 (dimanche 31 mai) : tout se joue en une journée

Avec le samedi effacé, l'ensemble de l'épreuve s'est rejoué le dimanche, dans une brise irrégulière et des bascules de vent permanentes, sur des conditions plus musclées qu'attendu. Slingsby a parlé de « l'une des journées de voile les plus dures de ma vie ». Programme : trois courses de flotte, puis la finale à trois bateaux.

Les trois courses de flotte du dimanche

CourseVainqueurFaits marquants
R1🇬🇧 Emirates GBR (Fletcher)L'Australie part sur une avarie de safran avant la course et termine seulement 9e
R2🇺🇸 USA (Canfield)Les Américains enflamment le public new-yorkais à domicile ; l'Australie se relance 2e
R3🇨🇦 NorthStar (Giles Scott)Collision au départ impliquant USA, Red Bull Italy et Mubadala Brazil, avec dégâts matériels. NorthStar gagne proprement, l'Australie sauve une 3e place et recolle à la tête

L'incident du départ de R3 a eu de lourdes conséquences après arbitrage (règle 14 des règles de course, dégâts matériels graves) : les États-Unis écopent de 7 points de pénalité d'événement et l'Italie de 4 points, jugée avoir provoqué la situation. Le Brésil n'est pas sanctionné. Cette pénalité fait reculer les États-Unis de la 4e à la 6e place de l'événement et les prive de la finale, alors qu'ils avaient pourtant gagné la R2. À noter : les États-Unis sont disqualifiés de la course 3, mais pas de l'événement, et conservent donc une place au classement.

La finale à trois bateaux

Les trois meilleures équipes au cumul des fleet races, Australie, Emirates GBR et NorthStar Canada, se qualifient pour la finale (course unique winner-takes-all). Après une journée à courir après le coup (« We were on the back foot all day », dixit Slingsby), l'Australie reprend l'avantage et devance Emirates GBR dans les tout derniers mètres. NorthStar Canada prend une 3e place inespérée, son meilleur résultat de la saison, juste avant de jouer à domicile à Halifax.

🇫🇷 La performance française : Enzo Balanger lancé dans le grand bain

L'équipe DS Automobiles SailGP Team France décroche une 4e place, à nouveau au pied du podium d'étape comme souvent cette saison. Le fait marquant est humain : avec Glenn Ashby indisponible depuis sa double fracture tibia-péroné aux Bermudes, c'est le jeune Enzo Balanger, issu du programme de formation de l'équipe (l'Akademy), qui a fait ses débuts en SailGP au poste de régleur d'aile (wing trimmer), l'un des rôles les plus techniques et physiques du F50.

malgré l'inexpérience à ce poste et des conditions de vent exigeantes, l'équipage de Quentin Delapierre a tenu son rang et continué de réduire l'écart avec le podium du championnat. Confier un poste aussi critique à un marin de l'Akademy sur une étape musclée, sans s'effondrer au classement, illustre la profondeur de banc française, déjà éprouvée cette saison entre la collision d'Auckland (Manon Audinet hospitalisée) et la fracture d'Ashby aux Bermudes.

Pour comprendre le rôle clé du régleur d'aile dans la cinématique de vol du F50, voir notre article sur les foils et la cinématique de vol du F50 SailGP.

Classement final de l'événement (12 équipes)

Voici le classement complet du Mubadala New York Sail Grand Prix, qui détermine les points marqués pour le championnat (10 points au vainqueur, dégressif jusqu'au dernier) :

Pos.ÉquipeSkipperPts événement
🥇 1er🇦🇺 Bonds Flying RoosTom Slingsby10
🥈 2e🇬🇧 Emirates GBRDylan Fletcher9
🥉 3e🇨🇦 NorthStarGiles Scott8
4e🇫🇷 DS Automobiles FranceQuentin Delapierre7
5e🇸🇪 ArtemisNathan Outteridge6
6e🇺🇸 US SailGP TeamTaylor Canfield5
7e🇩🇰 ROCKWOOL RacingNicolai Sehested4
8e🇨🇭 Explora Journeys SwissSébastien Schneiter3
9e🇮🇹 Red Bull ItalyPhil Robertson2
10e🇧🇷 Mubadala BrazilMartine Grael1
11e🇪🇸 Los Gallos / 🇩🇪 GermanyBotín / Heil0

Classement final après application des pénalités (USA et Italie reculent au classement). La 4e place française et la 6e place américaine sont la conséquence directe de la pénalité de 7 points infligée aux États-Unis. Los Gallos et Germany ferment la marche à égalité de points (0). La Nouvelle-Zélande (Black Foils) n'a pas participé. Sources : Il Nautilus (classement final), Boating NZ.

Championnat 2026 après 6 Grands Prix sur 13

Après application des résultats et des pénalités, l'Australie prend le large en tête du championnat. Classement provisoire (top 5 consolidé) :

Pos.ÉquipeSkipperPoints
🥇 1er🇦🇺 Bonds Flying RoosTom Slingsby55
🥈 2e🇬🇧 Emirates GBRDylan Fletcher44
🥉 3e🇺🇸 US SailGP TeamTaylor Canfield36
4e🇪🇸 Los GallosDiego Botín34
5e🇫🇷 DS Team FranceQuentin Delapierre32

L'Australie compte désormais 11 points d'avance sur la Grande-Bretagne. Les États-Unis remontent 3e malgré leur disqualification en dernière fleet race (leurs points engrangés plus tôt dans la journée suffisent), tandis que l'Espagne, privée de Diego Botín au départ d'une course par une panne hydraulique, connaît un week-end frustrant et glisse au 4e rang. La France est 5e avec 32 points, à seulement 2 points de l'Espagne et 4 points des USA : le podium du championnat reste à portée à mi-saison.

Derrière le top 5, le Canada (NorthStar, Giles Scott) réalise la bonne opération du week-end grâce à son podium d'étape (8 points), qui le fait remonter au classement avant de jouer à domicile à Halifax. Les positions 6 à 13 (Allemagne, Suède, Italie, Danemark, Suisse, Brésil, et la Nouvelle-Zélande toujours pénalisée par son absence prolongée) restent resserrées : leur consolidation officielle au championnat était encore en attente de confirmation de SailGP au lendemain de l'épreuve, notamment du fait des pénalités d'événement appliquées aux États-Unis et à l'Italie.

Pourquoi l'Australie domine toujours

Quatre victoires d'étape en six Grands Prix, et une capacité à gagner même un mauvais jour : New York illustre parfaitement ce qui fait la force des Bonds Flying Roos. Le plus frappant reste leur résilience : partir sur une avarie de safran, terminer 9e de la première course, puis gagner l'étape, suppose un sang-froid collectif rare. Tom Slingsby, triple vainqueur des premières saisons SailGP, excelle précisément dans ces conditions piégeuses où la lecture du plan d'eau prime sur la vitesse.

S'y ajoute une régularité implacable au championnat : 55 points en 6 étapes, soit une moyenne supérieure à 9 points par Grand Prix, très proche du maximum théorique. À ce rythme, l'écart sur la concurrence ne fait que se creuser.

Conditions et faits techniques

  • Plan d'eau : Hudson River, au cœur de Manhattan. Vent perturbé par les gratte-ciels (effets de sillage, rafales descendantes), courant fluvial variable selon la marée.
  • Samedi 30 mai : vent trop fort pour un lancement sécurisé des F50, journée annulée.
  • Dimanche 31 mai : brise irrégulière et bascules permanentes, conditions plus musclées que prévu, plan d'eau décrit comme un casse-tête tactique mouvant.
  • Format F50 : foil one-design, 15 mètres, équipage de 6 (parfois 5 en vent léger), plus de 50 nœuds en pointe.

Prochaine étape : SailGP Halifax (Canada)

Le circuit traverse la frontière pour rejoindre le Canada à Halifax les 20-21 juin 2026, 7e Grand Prix de la saison. NorthStar, sur ses eaux nationales après son podium new-yorkais, voudra confirmer devant son public. Pour la France, l'objectif sera de transformer ces 4e places répétées en premier podium d'étape de la saison, idéalement avec un Enzo Balanger encore plus à l'aise au réglage d'aile.

Pour le calendrier complet et le suivi de la saison, voir notre calendrier SailGP 2026. Retour aussi sur l'étape précédente dans notre article résultats du SailGP Bermudes 2026.

Où revoir les courses du SailGP New York

Les temps forts de l'étape (la collision de la fleet race 3, la finale à trois bateaux, la remontée australienne) sont disponibles en replay et en résumés vidéo sur la chaîne YouTube officielle SailGP et sur l'application SailGP. Les diffuseurs français du circuit proposent également les rediffusions.

Questions fréquentes

Qui a gagné le SailGP New York 2026 ?

L'Australie (Bonds Flying Roos) de Tom Slingsby a remporté le Mubadala New York Sail Grand Prix le 31 mai 2026, en battant Emirates GBR (Dylan Fletcher) dans la finale aux derniers mètres. C'est sa 3e victoire d'étape consécutive et sa 4e en 6 Grands Prix cette saison. NorthStar Canada (Giles Scott) complète le podium.

Quelle est la performance de l'équipe France à New York ?

L'équipe DS Automobiles SailGP Team France de Quentin Delapierre termine 4e de l'étape au classement final, au pied du podium (elle profite notamment de la pénalité infligée aux États-Unis). Le jeune Enzo Balanger, issu de l'Akademy française, y a fait ses débuts en SailGP au poste de régleur d'aile, en remplacement de Glenn Ashby, victime d'une double fracture tibia-péroné aux Bermudes. La France est 5e du championnat avec 32 points.

Pourquoi les résultats du samedi ont-ils été annulés ?

Un vent trop fort a empêché le grutage de la majorité des F50 le samedi 30 mai : seuls quatre bateaux ont pu être mis à l'eau, et l'Australie n'a finalement pas pu courir. Diego Botín (Los Gallos) a remporté deux des trois manches disputées à flotte réduite, mais SailGP a jugé inéquitable de reporter ce résultat au classement général et a rayé tous les points du samedi. L'épreuve a été entièrement recomptée à partir du dimanche.

Quelles pénalités après la collision de New York ?

La collision au départ de la course 3 du dimanche a impliqué les États-Unis, Red Bull Italy et Mubadala Brazil, avec des dégâts matériels. Après arbitrage au titre de la règle 14, les États-Unis ont écopé de 7 points de pénalité d'événement et l'Italie de 4 points, jugée avoir provoqué la situation ; le Brésil n'a pas été sanctionné. Cette pénalité a privé les Américains de la finale, au profit de NorthStar Canada, alors qu'ils avaient pourtant gagné la course 2.

Quel est le classement du championnat SailGP 2026 après New York ?

Après 6 Grands Prix : 1. Australie 55 pts, 2. Grande-Bretagne 44 pts, 3. États-Unis 36 pts, 4. Espagne 34 pts, 5. France 32 pts. L'Australie compte 11 points d'avance sur la Grande-Bretagne. Le Canada remonte grâce à son podium new-yorkais.

Quand est la prochaine étape du SailGP 2026 ?

Le SailGP Halifax (Canada) se tiendra les 20-21 juin 2026, 7e Grand Prix de la saison sur 13.

Sources

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